Je jouis, donc je suis

Je ne suis assurément pas la première hipsterporn, post féministe, bobo parisienne à écrire un titre pareil. Mais, j’avais promis d’écrire un jour un post sur la masturbation féminine et ce que sa pratique fait à notre sexualité. En effet, certaines semblent être étonnées de :  » ma propension à jouir en 3 minutes chrono devant un film porno, un peu déçue que ce soit déjà terminé. » Et pourtant, c’est une réalité, ce que nous nommons communément sexualité masculine, peut aussi bien être très féminine.

Je tentais de lire ce pavé imbuvable qu’est Le Nouveau Désordre Amoureux de Finkelkraut et Pascal Brunker ( comme si deux mains ne suffisaient pas pour écrire mille pages de stéréotypes ). Ces deux hommes, qui se disent philosophes, et qui surtout remplissent cette fonction sociale, s’évertuent à croire qu’il y aurait quelque chose de magique dans la sexualité féminine. Une sorte de paradis inatégnable que les hommes ne pourraient pas comprendre. J’avoue être touchée par tout ce romantisme désuet, et ne nie pas l’importance de remettre de la magie dans le rapport à l’autre, mais je ne crois pas que cette magie doive être biologisée.

Je suis également touchée par leur volonté de rappeler que sexualité ne doit pas rimer avec performance, qu’il faut laisser une place au mystère et à l’erreur, et peut être à quelque chose que nous devrions nommer amour. Mais voilà, il semblerait que ce constat ait perdu nos confrères, et que leur problème d’éjaculation précoce ou de femmes frigides ait orienté le reste de leur argumentaire bordélique.

S’il est des forces que l’on ne devrait expliquer, s’il est des moments circonstanciels qui ne se vivent qu’à deux, il reste que pour une femme qui a force d’exploration connait parfaitement son corps, la jouissance peut devenir des plus simples et des plus mécaniques. Sinon, comment expliquer la répétition possible de gestes qui fonctionnent à tous les coups, en quelques minutes seulement.

Alors que je flâne sur internet, je fais un arrêt sur mon fil d’actualité Tumblr, je regarde alors les nombreuses images postées sur Suck My Pixel. Rapidement, je sens une forme d’excitation monter en moi,  les mots Youporn dans Google, je pars à la recherche du sacré Graal, celui qui saura m’exciter. J’ai déjà parlé de la difficulté de  trouver le film parfait, mais selon mon humeur, je suis plus ou moins regardante sur la qualité, et différents styles peuvent me convenir. Ensuite, il me faut trouver mon dildo, je fais partie de ces femmes qui peinent à jouir sans pénétration bien que cela me soit déjà arrivé. Si je débute mon ébat en regardant les images à l’écran, il m’arrive bien souvent de finir par m’en détacher. Une couette sert souvent de remplacement au corps masculin absent, celui que je recherche en me touchant. Et puis, il faut aussi que mon clitoris soit sollicité, et là quoi de mieux que de se frotter. Ensuite, tout va très vite, je sens que ça vient et c’est déjà là….. un, deux, trois, c’est déjà terminé. Je ne supporte plus cette pénétration de silicone et je passe à autre chose, ayant parfois besoin de me remettre avec une petite sieste.
Dans ces moments, je me sens vraiment comme un éjaculateur précoce presque dégoutée de l’objet pourtant tant désiré. D’ailleurs, cette situation peut également m’arriver lorsque cette jouissance rapide arrive avec un partenaire. Aussi, je prétends comprendre ce que décrivent certains hommes. Je prétends également, que nos sexualités ne sont pas si éloignées l’une de l’autre, et que la différence vient plutôt de ce que l’on en fait, et du rôle social dans lequel  nous nous situons.

Une rapide recherche sur Google avec le mot « jouir« , me montre que la possibilité d’une jouissance mécanique est partagée, puisque tous nos forums préférés d’auféminin à Doctissimo, ce sont emparés du sujet !

C’est seule que je suis face à cette jouissance, celle trop facile, trop rapide, celle que je consomme si rapidement car je connais son fonctionnement.

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