Moby Dick

ImageCela fait maintenant presque deux mois que j’ai quitté Paris, et c’est fou de voir les évolutions dans ma vie. Il faut dire que j’y suis allée fort en bouleversements. Engagée comme marinette sur un voilier, j’ai coupé avec toute ma vie numérique. J’ai réappris à faire tous les noeuds nécessaires à la vie d’un bateau, et me suis appliquée à préparer les mets les plus fins pour mes hôtes. Les « Amazing » n’ont pas arrêté de fuser dans le cockpit de ce bleu voilier. Et puis, surtout, au détour d’une soirée sans clients, dans la baie d’Ajaccio, j’ai succombé au charme du marin, avec ses yeux perdus au fond de la mer, à la recherche de la baleine, sa patience sans limite et sa douceur innocente. Sa peau tannée par le soleil ne lui donne que plus de charme, et ses blessures du passé m’ont fait fondre. Quelque chose me dit que je n’aurais pas pu rencontrer cet homme dans la belle ville de Paris. J’ai croisé le chemin d’hommes qui m’ont retourné le coeur durant l’année qui vient de s’écouler. Entre Bukowski et cet allemand dont je n’ai pas réussi à parler ici, trop inquiète des conséquences que la lecture de ces mots pourrait avoir sur lui.

Cet allemand était typiquement le genre de rencontre qui change une vie, lorsque vous vous dites « Whaou, mais qu’est ce qui m’arrive« . Emportée par la danse dont il me montrait les pas, j’ai  eu l’impression de me faire prendre comme une bleue, l’impression que son pseudo n’était pas qu’une blague, qu’il s’amusait à me faire entendre les mots qui me feraient craquer par amour du jeu. Avec cet allemand, de jolies projets auraient pu naitre, mais il semblerait que Paris nous rende malade. Je ne sais pas si c’est lui ou moi, je ne sais pas où tout a basculé, pourtant, la magie est retombée et il semblait être venu sur terre pour me frustrer.

Si je parle tant de lui, c’est parce qu’il a probablement été la fois de trop, la blessure de trop, celle qui m’a permis de ressentir au plus profond de moi que ce n’est pas de ce genre d’homme dont je veux, car cela ne peut me rendre heureuse, et c’est bien là l’objectif affiché, éprouver du bonheur.
Avec l’allemand, la peur du lendemain me rendait vivante, construisant des projets pour fuir mon attachement. Avec le marin, je découvre la joie et la sérenité d’une relation qui ne procure pas de peur, l’énergie est consacrée à construite des projets à deux. C’est ainsi que nous débuterons par une traversée de l’Atlantique, une transat comme ils disent dans le jargon. Puis, une fois arrivés aux Antilles, tout est à construire.
Je sais par avance que nous occuperons nos cinq semaines de traversée à découvrir un peu plus nos corps, à nous donner plus de plaisir chaque fois. Et puis, ensemble nous regarderons l’océan à la recherche de la baleine.

Ps : l’utilisation de Moby Dick n’est pas un hasard. Je me suis acheté ce chef d’oeuvre juste d’avant d’embarquer. De plus, le sexe du marin est d’une beauté et d’une puissance sans pareil, je pourrais le nommer du patronyme de ce monstre marin.

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