Bobbi Starr, ou la réconciliation avec l’actrice porno

Bobbi Starr

J’ai d’abord nommé ce post « et voilà, je suis encore tombée amoureuse« , mais la chose est plus complexe. Après ma découverte de Manuel Ferrara, je pensais en avoir fini de mes rencontres avec des stars du porno. Parce que si j’en consomme assez régulièrement, je suis loin d’être une spécialiste et ce n’est pas non plus une activité quotidienne. Oui, je suis une trentenaire à qui il arrive de regarder du porno, et si cet état de fait est de moins en moins honteux, cela reste assez marginal pour provoquer chez moi le besoin de m’inventer un alter égo pour parler librement du sujet.

J’ai donc pas mal disserté sur la question, j’ai retourné ma veste à plusieurs reprises sur ce que j’aime ou pas, ce qui m’excite ou pas, mais le jour où j’ai découvert Manu, l’essence m’est apparue : ce qui compte c’est le vrai. Car de toute façon, être un bon acteur, c’est très certainement être le personnage que l’on incarne, au moment où commence à tourner la caméra. Cette question me fait d’ailleurs penser à un super film découvert il y a peu, qui doit être assez confidentiel, mais qui parlera surement aux milliards de parisiens qui bossent dans le cinéma : « Ça tourne à Manhattan« . Grand moment de bonheur avec ce film qui traite du cinéma underground, sans budget, avec des acteurs qui ne sont pas toujours dedans. Pour que Catherine Keener, qui joue le rôle de l’actrice, réussisse à entrer dans son rôle, elle doit à chaque fois se laisser emporter par une sorte de crise nostalgique de moments vécus, ou carrément devenir hystérique face un petit con d’acteur qui lui manque terriblement de respect.  J’imagine que ce sont des ficelles sommes toutes assez basiques, mais voilà, avec ce film tout ceci est d’une limpidité qui n’a d’égal que l’eau de Quezac.

C’est là où j’en viens à ma très chère Bobbi. Il faut dire que nous nous étions déjà croisées à la première lecture d‘un article du tag qui je l’avoue est ma seule et unique bible en matière de porno. J’étais alors tombée sur une saynète jouée à trois, communément appelé threesome. Et bien, c’était ma première fois ! La première fois je m’identifiais à une partie avec deux femmes et un homme. J’étais étonnée des sensations qui m’habitaient, je m’identifiais pleinement à Bobbi et prenais un malin plaisir à la voir cracher sur sa partenaire, lui tenir les cheveux pour faire cambrer sa croupe et surtout, se retrouver en chef d’orchestre au milieu de toutes les attentions.

Je crois que j’admire Bobbi car elle est la clé du paradoxe qui sans cesse me questionne, comment être femme avec ce qu’il faut de stéréotypes féminins tout en étant l’égale des hommes. En fait, avec Casey, ce sont mes deux modèles du moment. Tout comme la rappeuse, Bobbi est super virile, elle n’a pas peur d’endosser des caractéristiques purement masculines, allant jusqu’à rabaisser ses partenaires féminines dans un jeu avec l’acteur qui l’accompagne. Avec Bobbi j’ai eu le sentiment de retrouver mon phallus perdu. Elle a inventé sa forme de  féminitude.

D’ailleurs, en regardant ces scènes à trois, j’ai enfin eu envie de réaliser ce fantasme qui m’a été si souvent proposé par l’ami de toujours, celui avec qui je ne puis dire non depuis 10 ans déjà. Il arrive souvent, lorsque nous sommes en soirée, qu’il me montre une fille en me disant  » Viens, on rentre tous les trois, et on la baise. Regarde son cul, regarde comme il est excitant son cul. Je meurs d’envie de te voir la baiser. » Et bien, grâce à Bobbi, la prochaine fois qu’une telle proposition me sera faite, je vais y aller, gaiement, le coeur léger. Car envolée la dernière barrière qui me retenait, celle qui m’empêchait de ressentir pleinement le désir d’une telle situation, l’impression que ce désir n’était pas le mien, qu’il n’était que la satisfaction d’un fantasme masculin qui ne m’appartenait pas. Finalement, mon ami avait bien plus de vision que moi sur le potentiel que je renferme, avec son : « Je meurs d’envie de te voir la baiser.« 

Il serait surement d’accord avec les propos de De Gonzo :  » Ce sont des féministes [Bobbi et deux de ses copines, CQFD], elles ont le contrôle et ont beau se faire cartonner avec la puissance de plusieurs générations de AllBlacks, elles restent en place, et les pantins en face, ce sont nous avec nos quines sous Viagra, des godes sur pattes, des fuck-machines au cerveau impuissant. » Il écrit ces mots dans une ode à reine Bobbi qui m’a littéralement fait frémir de bonheur. Rien de sexuel là dedans, mais cette impression qu’enfin la puissance de l’amazone était reconnue par des hommes qui n’en avaient pas peur.

Ces réflexions pourraient s’arrêter ici, pourtant, il manque un aspect pratique à la chose. Une autre scène m’a révélée une caractéristique de Boobi qui lui donne sa si particulière saveur. Qui fait de son jeu, une vérité de la sexualité féminine. Si je m’évertue à rappeler qu’en certains points, les sexualités féminines et masculines sont similaires, il en va que nous l’aurons tous remarqué, nos anatomies sont différentes. Aussi, je reste bien souvent coi devant les gestes esquissés dans les films X. Ils omettent tout simplement la réalité de ce qui nous fait bander. Sur ce canapé, décor des plus banal pour ce type de production, Manu et Bobbi s’adonnent à des jeux qui semblent bannis des scénari pornographiques. Et pourtant… Leurs frottements ne sont pas de la fioriture, je peux ressentir son excitation lorsqu’elle frotte la verge de Manu entre ses deux cuisses serrées; l’envie qu’elle doit avoir qu’il la pénètre à nouveau. Ce sera vrai également quelques minutes plus tard, lorsqu’elle les fait tous deux ( elle et lui ) crever d’envie en se frottant contre son pénis, les deux jouissant de cette vue, prêts à exploser. La caméra n’existe plus, il n’y a que du partage entre ces deux êtres.

En cherchant une photo pour illustrer ces quelques mots, je suis tombée sur ce superbe Tumblr, Kkshot. Il est tenu par Kimberly Kane, actrice X, elle prend des photos lors de ses tournages. Elle a aussi réalisé un interview très touchante de  deux amoureux, Zac et Mandy, dont je recommande vivement la lecture.  

Publicités