L’arroseur arrosé

Discuter sexualité et amour avec un homme  est toujours des plus instructifs. Non pas que cela renseigne sur les différences fondamentales entre les hommes et les femmes, mais cela éclaire sur des constructions mentales largement partagées. Et, cela tombe bien, c’est exactement ce qui m’a poussé à débuter ce blog, l’envie de sortir des cases dans lesquelles je nous sentais, nous les femmes enfermées. J’ai glissé ça et , qu’une femme peut regarder des films pornos et apprécier. Je parlerai un jour plus avant de cette faculté que nous avons de vivre une sexualité qui correspond à celle que la société nommerait masculine. Et dans son ensemble, j’espère que ces écrits sont la preuve que les catégories : salope/fille facile/putes devraient être remplacées par de jolies mots qui font rêver.

Peut-on faire l’amour à une salope et baiser une princesse ?

J’ai été marquée lors de la lecture d’un post de blog d’un homme qui aime à raconter ses ébats sexuels. Il commence son article ainsi :  » Il est étrange comme la femme que l’on baise n’est pas nécessairement la même que celle à qui on fait l’amour. » Même si ses propos sont nuancés, ses récits tournent autour de l’idées qu’il y aurait deux types de femmes dans sa vie, celles avec qui il prend son pied, et celles avec qui il construit une histoire d’amour. Cette dichotomie me semble des plus archaïque, comme niant la multiplicité possible d’une femme. C’est pourtant la force des humains que nous sommes, cette capacité à endosser tour à tour différents masques comme le dit Milan Kundera dans l’insoutenable légèreté de l’être. L’enjeu n’est pas ici de jeter la pierre aux hommes, ni d’établir des généralités. Mais notre sexualité, construite sur des archétypes fondateurs est empreinte de ces différents idéaux-types. Pour ma part, ces catégories pré-conçues, bien que je les comprenne, je n’arrive pas à les accepter pleinement. J’aimerais que constamment, les possibles soient ouverts, que l’invention se fasse à chaque instant. J’aimerais pouvoir partager ce blog sans pour autant que certains hommes avec qui je travaille ne changent leur regard à mon encontre. Bon, tout cela est bien, jolie, une pseudo analyse socio-anthropo qui s’appuie sur un auteur que toutes les midinettes comme moi adorent ( Cf Kundera ). Pour répondre à la question posée en titraille. Oui, je suis convaincue que ces stéréotypes sont bien souvent dépassés, et cela ne peut qu’avancer irrémédiablement. Nous sommes, tour à tour la pute, la vierge et la maman.

Et puis, moi, est ce que je peux baiser un prince charmant et faire l’amour à un Donjuan ?

Alors, là, les catégories deviennent bien hasardeuses. Car, en réalité oui, je passe mon temps à mélanger les genres, à ne pas respecter les contrats fixés par avance, toujours à la recherche des limites des personnages de l’autre. Je me donne pour mission d’apprendre au baiseur égoiste à guetter mon plaisir, au risque de le frustrer dans sa jouissance. J’aime à passer la nuit à discuter avec le dick-dick aventureux, lui parler du peu de philosophie que je peux bien entendre. Ou encore donner à celui dont l’égo est blessé la possibilité de me dominer pour assoir son Narcisse.

Puisque cela fait trois jours que je m’aventure à écrire ce post sans savoir vers quoi il me guidera, je finirai, pour légitimer mon titre qui n’a aucun sens avec ce tumblr dédié aux éjaculations. Je ne trouve pas cela particulièrement jolie ou excitant. C’est peut être le type de pratique, qui se vit mieux qu’elle ne se montre.

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